Lafayette Anticipations dans le Marais : Yu Nishimura face à la mer et à la mémoire

Le Blog Lifestyle 26 octobre 2026 0

Trois expositions simultanées pour inaugurer la saison 2026

Lafayette Anticipations a inauguré le 21 octobre 2026 une nouvelle saison avec trois expositions simultanées. Au cœur du programme : « Towards the Sea », la première exposition monographique institutionnelle en France consacrée au peintre japonais Yu Nishimura. À ses côtés, « Vivresse » d’Hélène Fauquet occupe le dernier étage, tandis que « Monument » de Mungo Thomson investit un autre espace avec sculptures et films.

Ce format pluriel est une marque de fabrique de la fondation, installée au 9 rue du Plâtre depuis 2018. L’architecture conçue par Rem Koolhaas et l’agence OMA, avec ses plateaux modulables et ses passerelles intérieures, permet à plusieurs univers de coexister sans se neutraliser. On traverse la fondation comme on traverse un quartier : des atmosphères distinctes, mais une cohérence d’ensemble qui tient à l’espace lui-même.

« Towards the Sea » : Yu Nishimura et la peinture face à la mer

La cinquantaine d’œuvres réunies ici couvre une décennie de travail, entre dessins et grandes peintures, dont plusieurs ont été conçues spécifiquement pour les espaces de Lafayette Anticipations. Le sujet de Nishimura, c’est la mer, mais pas comme motif pittoresque ou décor convenu. Ici, l’eau est un territoire de mémoire. Les toiles jouent sur l’accumulation et la retenue : des zones où la couleur se dépose lentement, d’autres où elle bute contre la surface; les formats imposent une présence physique au spectateur.

Né au Japon, formé à Tokyo puis installé en France, Nishimura travaille dans une tradition picturale qui ne revendique ni synthèse facile ni appartenance unique. Ce qui frappe d’abord, c’est le silence de ses peintures. Pas d’anecdote, pas de récit visible, juste une surface qui exige du temps. Cette première institutionnelle française est l’occasion de mesurer l’amplitude de son travail sur dix ans, de comprendre comment un même sujet peut traverser autant de registres, de la sérénité à l’inquiétude sourde, sans jamais s’épuiser.

Pour ceux qui suivent la peinture contemporaine, cette exposition répond à une vraie curiosité : voir autant de pièces d’un artiste peu montré dans les institutions parisiennes, réunies dans un seul lieu, c’est rare.

Hélène Fauquet et Mungo Thomson : deux autres propositions

Au dernier étage, « Vivresse » d’Hélène Fauquet rassemble photographies et sculptures autour d’un état de saturation, de franchissement de seuil. Le travail est moins immédiatement séduisant que celui de Nishimura, mais il gagne à être pris dans la continuité de la visite. Les deux univers se répondent sans se ressembler.

En parallèle, « Monument » de Mungo Thomson se tient jusqu’au 29 novembre. L’artiste américain déplace des objets courants pour les transformer : sculptures et films accompagnés de compositions sonores construites à partir d’archives et d’images trouvées. Sa question, posée avec précision et une légère ironie, est celle de la monumentalité des gestes ordinaires. C’est un travail qui déconcerte au premier abord et qui finit par s’installer dans la mémoire.

Le Marais en automne 2026 : une programmation culturelle dense

Lafayette Anticipations n’est pas isolée dans ce quartier, pas en ce moment. Le Marais concentre fin octobre et début novembre 2026 une densité inhabituelle d’événements autour de l’image et du design. Paris Photo, Art Basel Paris et ImageNation Paris 2026, qui rassemble six expositions et quelque trois cents photographes, transforment les rues du 3e et du 4e arrondissement en un circuit de flânerie culturelle à part entière. À quelques stations de métro, le Jeu de Paume propose jusqu’au 10 janvier 2027 l’exposition « Parallax » de Stan Douglas, consacrée à la photographie comme forme de récit.

Une après-midi peut s’organiser naturellement. Lafayette Anticipations pour les peintures de Nishimura, un passage par une galerie du Marais, une pause café, puis le Jeu de Paume en fin de journée. Ce type de parcours, où la culture et la flânerie s’articulent sans effort, est ce que Paris fait de mieux en automne.

Le samedi 24 octobre, la fondation a fermé exceptionnellement en raison des manifestations prévues dans la capitale. Dès le lendemain, le 25 octobre, elle a rouvert à 11h avec un accès libre aux expositions jusqu’à 19h. Cette capacité d’adaptation rapide illustre la manière dont les institutions parisiennes continuent à s’organiser même quand le contexte urbain se tend.

Informations pratiques

Lafayette Anticipations est au 9 rue du Plâtre, dans le 4e arrondissement, à quelques minutes à pied de la station Saint-Paul (ligne 1). L’entrée est gratuite pour toutes les expositions.

« Towards the Sea » de Yu Nishimura et « Vivresse » d’Hélène Fauquet sont visibles jusqu’au 3 janvier 2027. « Monument » de Mungo Thomson se termine le 29 novembre 2026. Les horaires d’ouverture sont à vérifier directement sur le site de la fondation, qui les met à jour en cas de fermeture exceptionnelle.

Pour ceux qui souhaitent faire du Marais une journée complète, la programmation alentour justifie de ne pas se presser. Les expositions côtoient les galeries et les librairies, et l’offre de restaurants dans le quartier est suffisamment large pour prolonger naturellement la sortie. C’est l’une des façons les plus naturelles d’entrer dans la saison culturelle parisienne cet automne.

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