La bière artisanale fait pétiller l’économie des régions

Le Blog Lifestyle 24 décembre 2016 2

« Une pinte de bière est un mets de roi », écrivait William Shakespeare au XVIe siècle. De son temps, et jusqu’au milieu du XXe siècle, de nombreuses villes et même villages possédaient leurs propres brasseries. Mais peu à peu, de grands groupes industriels se sont emparés du marché, tandis que la bière perdait de sa superbe. Pourtant, depuis une dizaine d’années, le consommateur peut se procurer une multitude de bières issues de la production locale, dont la variété satisfait les palais les plus exigeants. Pas une région de l’Hexagone qui ne possède ses brasseries artisanales, animées par des passionnés de la gueuze, des alchimistes de la ale et des magiciens de la lager. Pour le plus grand bonheur de l’économie locale.

brasserie artisanale

Un marché français en plein essor

C’est une véritable révolution qui secoue le marché de la bière en France. En quête de produits authentiques et originaux, les consommateurs se tournent de plus en plus vers des bières locales, brassées en petite quantité et dont le goût diffère fortement de celui sans surprise des leaders du secteur. L’engouement est tel qu’en l’espace d’une année, de 2015 à 2016, plus de 100 nouvelles microbrasseries ont vu le jour, un chiffre en forte hausse comparé aux années précédentes. 800 brasseries locales sont présentes sur ce secteur au dynamisme affirmé, comme en témoignent la fréquence des salons spécialisés et leur succès auprès d’un public averti. Un enthousiasme qui a d’ailleurs permis de dépasser le cap des 1 000 brasseries en France en 2016 !

La guerre des régions

Avec 120 brasseries, c’est en région Rhône-Alpes que l’on trouve le plus grand nombre de producteurs locaux, suivie par les Hauts de France et la Bretagne, qui abritent chacune 80 artisans brasseurs. C’est d’ailleurs en Bretagne, en 1985, que s’est amorcé le renouveau de la bière artisanale française, avec la création de la brasserie Coreff, à Morlaix. Si l’Île-de-France semble à la peine avec sa vingtaine de brasseries, la région rattrape peu à peu son retard. D’anciennes usines en friche sont investies par des entrepreneurs décidés à remettre la qualité et la diversité au cœur de leurs préoccupations. Un pari réussi, puisque c’est une bière parisienne, la Thawack, qui a cette année raflé la médaille d’or aux très prestigieux World Beer Awards. Une bière que les parisiens peuvent découvrir, parmi des dizaines d’autres, au festival Paris Beer Week qui se tient chaque année dans la capitale.

Une nouvelle approche de la bière

Le choix des malts, la variété des houblons et des levures, ainsi que la diversité des produits locaux rajoutés au nectar permettent aux brasseurs d’exprimer sans limite leurs talents. L’émergence du mouvement Slow Food, la quête de produits originaux distribués en circuit court et les nouveaux accords de la bière avec la gastronomie contribuent au succès des microbrasseries. Un succès qui se fait au détriment des groupes industriels, confrontés à une baisse de leurs ventes. Même si les Français ne se classent qu’en 67e position mondiale des consommateurs de bière, loin derrière la République tchèque[i], la consommation hexagonale repart à la hausse, après 30 années de baisse.

Une chance pour l’économie

Les microbrasseries, sources d’embauche et de mise en valeur du terroir, ont depuis peu créé une association pour défendre leurs intérêts face aux industriels du secteur. Pour ne pas se faire dépasser, nombre de grands groupes sont en effet tentés par le rachat de brasseries locales, comme cela s’est déjà fait en Amérique du Nord. Représentant entre 5 et 6 % de la consommation totale de bière, les microbrasseries ont encore de belles perspectives devant elles et jouent de plus en plus le rôle de moteur pour l’économie brassicole. Alors que la bière belge vient d’être consacrée par l’Unesco « patrimoine culturel immatériel de l’humanité », la bière française de qualité renait de ses cendres d’une manière flamboyante. A consommer, bien entendu, avec modération.

 

[i] Les Tchèques consomment en moyenne 135,8 litres de bière par an, contre 44 litres pour les Français.

2 commentaires »

  1. Thomas Barbera 24 décembre 2016 at 13 h 54 min - Reply

    Bonjour Lifestyle, en réalité la France vient de passer beaucoup plus vite que prévu le cap des 1 000 brasseries :
    http://www.happybeertime.com/blog/2016/11/03/stupefaction-la-france-passe-le-cap-des-1000-brasseries/

    • Le Blog Lifestyle 26 décembre 2016 at 15 h 08 min - Reply

      Ah très bien ça ! Merci pour l’info Thomas !

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